Les familles de dispositif d'assainissement non collectif

Quels sont les différents dispositifs d'assainissement non collectif ?

Source : "Méli Mélo – Démêlons les fils de l’eau" -  Février 2015

Les différents usages de l’eau dans une habitation sont source de pollutions, qu’il est nécessaire de traiter pour préserver l’environnement et éviter les risques sanitaires. Par conséquent, l’ensemble des rejets d’eaux usées doit être raccordé à l’installation d’ assainissement non collectif : WC, douche, évier, appareils électroménager, et même l’éventuel évier situé dans le garage qui n’est pas souvent utilisé !
C’est pour cela que l’on parle souvent de « fosse toutes eaux » ou de « fosse septique toutes eaux ».

Les étapes indispensables au traitement des eaux usées par un ANC

Il existe une grande diversité d’installations d’ANC mais, pour traiter correctement les eaux usées, un ANC doit toujours assurer 3 étapes :

1- Collecter les eaux usées et les transporter en sortie d’habitation, par un ensemble de canalisations qui aboutissent aux ouvrages de traitement. Il est conseillé de rendre ces canalisations accessibles par des regards, notamment pour permettre de les déboucher facilement en cas d’obstruction.

2- Traiter les eaux usées, grâce à un ou plusieurs ouvrages (fosses, filtres, épandages…) qui diffèrent selon le type de filière utilisé.
Le traitement se fait en 2 étapes : on parle de traitement primaire (ou prétraitement au sens de la réglementation) et de traitement secondaire (ou traitement au sens de la réglementation).

3- Évacuer les eaux usées traitées, en priorité par infiltration dans le sol (A).
Si l’infiltration est impossible et sous réserve d’autorisation, l’évacuation pourra également se faire en surface (B) vers un fossé, un cours d’eau ou autre.

Enfin, pour que le traitement des eaux usées soit abouti, tout comme en assainissement collectif, les « résidus » (boues, matières de vidanges) doivent être évacués et traités spécifiquement.


On rencontre encore aujourd’hui des habitations qui rejettent leurs eaux usées dans un puits perdu, plus couramment appelé puisard, précédé d’une fosse ou non. Or ce type d’aménagement ne permet pas de traiter correctement les eaux usées : il s’agit uniquement d’un moyen de les évacuer. C’est pourquoi les puits perdus sont interdits par la réglementation depuis de nombreuses années.

Avant de choisir l'installation, posez-vous les bonnes questions !

Le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire a édité un guide pour accompagner les particuliers dans le choix de leur installation d’assainissement non collectif avec plusieurs questions à se poser : nombre de pièces, superficie disponible et contraintes du terrain qui va accueillir l’installation, contraintes d’entretien, nuisances sonores, financement…

L’ étude de sol et de filière doit permettre de retenir la solution optimale d’un point de vue règlementaire et « technico-économique » en fonction des contraintes de la parcelle et de l’immeuble. Pour toute demande d’installation de dispositif d’assainissement, cette étude fait partie des pièces obligatoires.

Quels sont les processus qui permettent de traiter les eaux usées en ANC ?

Comme en assainissement collectif, le traitement des eaux usées en ANC est assuré par des bactéries qui digèrent les matières organiques en présence d’oxygène, ce qui génère des boues, des gaz et de l’eau traitée. Il s’agit de processus biologiques qui fonctionnent naturellement et se maintiennent dès lors que les bactéries sont « nourries » par l’apport d’eaux usées.

On distingue 2 phases de traitement :

1/ Le traitement primaire

Il s’agit d’une première phase épuratoire qui combine :

  • Des processus physiques : rétention des matières flottantes telles que les graisses et décantation des matières solides qui forment les « boues »
  • Des processus biologiques : digestion des boues accumulées
2/ Le traitement secondaire

Il est assuré par des bactéries épuratrices qui vont finaliser l’épuration des eaux usées.

Si les processus épuratoires sont globalement toujours les mêmes, les moyens de les mettre en œuvre diffèrent selon les filières. Les illustrations suivantes - extraites du guide d’information sur les installations à destination des usagers, élaboré par les ministères en charge de l’écologie et de la santé – schématisent le fonctionnement des différentes familles de filières.

Le cas des filières traditionnelles

Dans le cas des filières traditionnelles, le traitement primaire est assuré par une fosse toutes eaux équipée d’un préfiltre (intégré ou non à la fosse) qui permet de piéger les matières solides non retenues par la fosse. Dans certains cas, la fosse est complétée par un bac dégraisseur.

On distingue 2 familles de filières traditionnelles :

  • Les fosses et épandages dans le sol en place, pour lesquels le traitement secondaire est assuré par les bactéries présentes dans le sol naturel (on parle de « tranchées d’épandage »)
  • Les fosses et épandages dans un sol reconstitué : dans ce cas le traitement secondaire est assuré par les bactéries présentes dans un sol reconstitué par du sable (cas du filtre à sable drainé ou non).

Le cas des filières agréées

Consulter la liste mise à jour des dispositifs de traitement agréés par les ministères de la Santé et de l’Ecologie.

Dans le cas des filières agréées, on distingue :
  • Les filtres compacts : comme pour les filières traditionnelles, le traitement primaire est assuré par une fosse toutes eaux. Le traitement secondaire est réalisé au sein d’un massif filtrant qui peut être constitué de différents matériaux (zéolithe, copeaux de coco, laine de roche, sable…) sur lesquels se fixent les bactéries épuratrices.
  • Les micro-stations : le traitement primaire est assuré par un décanteur primaire. Le traitement secondaire est réalisé par les bactéries présentes dans le réacteur biologique, auxquelles on apporte de l’oxygène dissous. Ces bactéries peuvent être fixées sur un support (micro-stations à cultures fixées) ou libres (micro-stations à cultures libres). Les boues ainsi produites sont ensuite séparées de l’eau usée traitée par un clarificateur et renvoyées dans le décanteur primaire où elles sont stockées.
  • Les filtres plantés de végétaux (roseaux principalement) : le traitement des eaux usées est assuré à la fois par filtration mécanique et dégradation biologique par les bactéries qui se développent sur les filtres. Ils peuvent être précédés ou non d’une fosse toutes eaux.

Les toilettes sèches

Il existe un autre type de filière qui fait figure de cas particulier : les toilettes sèches. Dans ce cas les WC ne sont pas alimentés en eaux, et les urines et fèces sont récupérées et traitées par compostage, après ajout ou non de copeaux de bois ou sciure. Ce dispositif devra être complété par une filière de traitement pour les eaux ménagères.

Chacune de ces filières présente des avantages et des inconvénients

Les filières traditionnelles ne nécessitent généralement pas d’éléments électromécaniques et ne consomment pas d’électricité : l’apport d’oxygène se fait naturellement et, sauf si la topographie du terrain ne le permet pas, les eaux usées circulent par écoulement gravitaire dans les ouvrages (pas de pompe nécessaire).

En revanche, de nombreuses filières agréées, et en particulier les micro-stations, ont un fonctionnement plus complexe et nécessitent des éléments électromécaniques : pompe de recirculation, générateur d’air pour l’apport d’oxygène…etc.

De ce fait certaines ne peuvent pas fonctionner par intermittence et donc ne peuvent pas être utilisées pour des résidences secondaires. Mais, hormis les filtres plantés de végétaux, les filières agréées ont l’avantage d’être très compactes ce qui permet de les utiliser pour les cas où les contraintes d’espace sont importantes et où les filières traditionnelles ne peuvent être implantées. Rappelons néanmoins que l’évacuation des eaux usées traitées doit se faire en priorité par infiltration : sauf si une étude démontre que cela est techniquement impossible (sol trop peu perméable par exemple), il est donc nécessaire de prévoir un système d’infiltration en sortie d’une filière agréée.

Et l’ANC est loin d’être une solution d’assainissement archaïque puisque les techniques utilisées sont les mêmes que celles des stations d’épuration en assainissement collectif !